Seule la théologie peut délier ce que la théologie a lié

« Tant que la théologie n’aura pas répondu, d’une manière claire et ferme, au problème de la reconnaissance par l’Église, de la vocation permanente du peuple juif, le dialogue judéo-chrétien demeurera superficiel et court, plein de restrictions mentales. »
(Extrait d’une conférence de Mgr R. Etchegaray, prononcée le 24 mai 1981, devant l’Amitié judéo-chrétienne de France, et parue dans le Supplément à L’Église aujourd’hui à Marseille, n° 23, du 21 juin 1981. Les italiques sont de moi).

Ce n’est certainement pas un hasard si, après avoir contribué à acclimater dans l’Église postconciliaire la formule tridentine de la prière du Vendredi saint pour les juifs, alors qu’il n’était encore que le cardinal Ratzinger, Benoît XVI l’a fixée dans le marbre magistériel de son Motu proprio papal autorisant cette « forme extraordinaire » de liturgie [1]. Une telle suite dans les idées, malgré les critiques, surtout juives, dont cette formulation a été l’objet, appelle un éclaircissement. Elle a d’ailleurs donné lieu à diverses spéculations, dont surtout celle qui la considère comme une concession faite aux catholiques intégristes et un gage de la faveur ecclésiale dont ils bénéficient toujours malgré leur combat acharné et irrédentiste contre l’enseignement du Concile Vatican II. Je pense que cette hypothèse, si elle n’est pas entièrement fausse, est trop réductrice. Pour mieux comprendre de quoi il retourne, il convient de se reporter à une conférence, donnée en 1994 par l’illustre théologien. J’en extrais deux passages, qui éclairent, me semble-t-il, la nature du dilemme intérieur auquel Joseph Ratzinger était (et est toujours, selon moi) confronté :

« Même si nous savons qu’Auschwitz a été l’horrible expression d’une idéologie qui, non seulement a voulu détruire le judaïsme, mais a également haï, dans le christianisme, l’héritage juif et cherché à l’extirper, la question reste posée : quelle peut être la cause d’une telle hostilité historique entre ceux qui, en fait, devaient avoir une commune appartenance en raison de leur foi en un Dieu unique et de l’obéissance à sa volonté ? Cette hostilité tiendrait-elle à la foi même des chrétiens, à “l’essence du christianisme”, à tel point qu’il faudrait s’écarter de ce cœur et nier le christianisme en son centre, si l’on veut arriver à une véritable réconciliation ? [2] »

« La confession de Jésus de Nazareth comme Fils du Dieu vivant, et la foi dans la Croix comme rédemption de l’humanité, signifient-elles une condamnation explicite des juifs, comme entêtés et aveugles, comme coupables de la mort du Fils de Dieu ? Se pourrait-il que le cœur de la foi des chrétiens les contraigne à l’intolérance, voire à l’hostilité à l’égard des juifs et, à l’inverse, que l’estime des juifs pour eux-mêmes, la défense de leur dignité historique et de leurs convictions les plus profondes, les obligent à exiger des chrétiens qu’ils renoncent au cœur de leur foi et donc, requièrent semblablement des juifs qu’ils renoncent à la tolérance ? Le conflit est-il programmé au cœur de la religion et ne peut-il être résolu que par la répudiation de ce cœur ? [3] »

À ces questionnements qu’il a lui-même formulés, le cardinal ne répondra pas. Après un long exposé passablement disparate, vient la conclusion, qui sent l’improvisation :

« La présentation de la doctrine du Catéchisme […] a pris plus de temps que je le prévoyais. Je ne puis donc tirer de conclusions détaillées quant à la mission des juifs et des chrétiens dans le monde moderne sécularisé. Je pense néanmoins que cette tâche fondamentale est devenue, dans une certaine mesure, plus claire, sans qu’il me soit besoin de l’aborder directement. Juifs et chrétiens doivent s’accepter les uns les autres dans leur mutuelle réconciliation, sans dédaigner ou renier leur foi, mais à partir de la profondeur même de cette foi. Dans leur mutuelle réconciliation, ils doivent devenir une force pour la paix, dans et pour le monde. En témoignant du Dieu unique, qui ne peut être adoré que dans l’unité de l’amour de Dieu et du prochain, ils doivent ouvrir la porte sur le monde pour ce Dieu, afin que sa volonté soit faite, sur la terre comme au ciel, « afin que son règne vienne ». [4]»

J’ai l’intime conviction que Joseph Ratzinger a exprimé là l’état d’esprit des chrétiens, en général, et des catholiques, en particulier, qui, malgré la vive conscience qu’ils ont du tort irrémédiable causé aux Juifs par des siècles d’hostilité chrétienne – même si celle-ci était le plus souvent motivée par des convictions religieuses plutôt que par une haine raciale ou antisémite –, considèrent la non-adhésion de ce peuple à la révélation du salut en Jésus-Christ comme un obstacle théologique insurmontable qui rend impossible un dialogue sincère et une totale fraternité avec lui.

Voici un bref rappel d’un événement qui semble accréditer la persistance de cet état d’esprit.

Pour mémoire, après avoir été qualifiés de « perfides » durant plus de quatre siècles, et avoir eu, en 1962, la maigre consolation d’entendre les chrétiens prier pour que Dieu « lève le voile de leur cœur », les juifs qu’intéressait la réflexion chrétienne les concernant eurent la satisfaction d’apprendre, en 1970, que les disciples de Jésus priaient désormais pour que leur peuple « continue à progresser dans l’amour de son nom [celui de Dieu] et dans la croyance en son alliance » (Paul VI). La cause semblait entendue : il n’y avait plus de perfidie juive, plus même de prière pour la conversion de ce peuple qui avait payé si cher, et souvent de sa vie, son attachement irréductible à la foi de ses Pères. La Shoah, se disait-on, n’avait pas tout à fait servi à rien. Et même si elle était sans commune mesure avec l’horreur subie par les Juifs, cette consolation liturgique était, somme toute, bonne à prendre, d’autant qu’elle devait, au moins dans l’esprit des hauts responsables de l’Église qui en avaient pris l’initiative, contribuer à purger les esprits et les cœurs chrétiens du venin de l’antisémitisme [5].

Mais c’était compter sans la ténacité de l’obsession chrétienne multiséculaire d’une conversion du peuple juif à la foi chrétienne. Elle trouva finalement son expression liturgique en février 2008, lorsque, après quelques confusions et malentendus, un communiqué de la Secrétairerie d’État du Vatican, modifia en ces termes la prière pour la conversion des juifs du Missale Romanum de 1962 [6]:

« Prions aussi pour les Juifs. Que notre Dieu et Seigneur illumine leurs cœurs pour qu’ils reconnaissent Jésus-Christ comme sauveur de tous les hommes. Prions. Fléchissons les genoux. Levez-vous. Dieu éternel et tout-puissant, qui veux que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité, accorde dans ta bonté que la plénitude des nations étant entrée dans ton Église, tout Israël soit sauvé. Par le Christ notre Seigneur. Amen » [7]

J’ai mis en italiques la formule-clé, déjà citée ici à plusieurs reprises, qui semble jouer un rôle majeur dans la théologie de Joseph Ratzinger. En effet, après avoir remis en vigueur, en 2008, la liturgie tridentine dans laquelle figurait l’expression « plénitude des nations » empruntée à S. Léon le Grand, l’illustre théologien devenu pape évoquait publiquement cette formulation, quoique en termes légèrement différents, en janvier 2013, comme mentionné plus haut [8] :

« […] Saint Léon dit encore : « Qu’elle entre, qu’elle entre donc dans la famille des patriarches la grande foule des nations […]. Que tous les peuples […] adorent le Créateur de l’univers, et que Dieu soit connu non seulement en Judée, mais par toute la terre » (ibid.) ».

Nous avons vu plus haut que cette thématique figure dans deux articles du Catéchisme de l’Église Catholique :

  • CEC § 528 : « L’Épiphanie manifeste que la plénitude des païens entre dans la famille des patriarches et acquiert la Israelitica dignitas. »
  • CEC § 674 : « L’entrée de la plénitude des juifs (cf. Rm 11, 12) dans le salut messianique, à la suite de la plénitude des païens (cf. Rm 11, 25 ; Lc 21, 24) donnera au Peuple de Dieu de « réaliser la plénitude du Christ » (Ep 4, 13) dans laquelle « Dieu sera tout en tous » (1 Co 15, 28) ».

Allusions claires, et d’ailleurs revendiquées [9], aux expressions déjà citées.

Comme je l’ai signalé ailleurs [10], cet hymne à la « plénitude » cache mal la faiblesse sémantique et exégétique du propos, outre qu’il comporte une grave erreur d’interprétation. Pour la clarté, voici le contenu des trois références citées par le Catéchisme :

« Et si leur faux pas a fait la richesse du monde et leur amoindrissement la richesse des païens, que ne fera pas leur totalité [plèrôma] ! » (Rm 11, 12).

« […] une partie d’Israël s’est endurcie [ou : un endurcissement partiel est advenu à Israël] jusqu’à ce que soit entrée la totalité [plèrôma] des païens. » (Rm 11, 25).

« Ils tomberont sous le tranchant du glaive et ils seront emmenés captifs dans toutes les nations, et Jérusalem sera foulée aux pieds par des païens jusqu’à ce que soient accomplis [verbe plèroô] les temps des païens. » (Lc 21, 24).

Quelques notions de grec suffisent pour repérer la source du glissement sémantique et du contresens qui en est la conséquence. Les mêmes termes grecs se retrouvent dans les trois versets : ethnè (nations [païennes]), un substantif dérivé du verbe plèroô (accomplir) : plèrôma (plénitude, totalité), et une forme du même verbe : plèrôthôsin (que soient accomplis). Il est clair que le rédacteur du paragraphe 674 du Catéchisme a cru voir, dans ces trois citations, les mêmes connotations : « accomplissement » et « plénitude », d’autant que, dans chacune d’elles, il est question des juifs et des nations. Et de fait, ce parallélisme se vérifie pour les deux premiers passages. Par contre, il est totalement inexistant pour le troisième. En effet, l’ « accomplissement » dont il est question en Lc 21, 24 – qui décrit la prise de Jérusalem, dans un contexte visiblement eschatologique –, est celui du « temps des nations » ; il ne connote pas leur « plénitude » au sens d’épanouissement final, qu’a cru y voir le rédacteur de ces considérations, mais au contraire la « fin » [11] du temps imparti à ces nations pour nuire à Jérusalem [12]. Il ne s’agit pas d’une erreur minime. Le texte du Catéchisme de l’Église Catholique, même s’il n’entre pas dans le cadre des définitions dogmatiques de foi, fait partie intégrante de l’enseignement du Magistère ordinaire de l’Église catholique et constitue, selon la Constitution Apostolique du pape Jean-Paul II qui l’a promulgué,

[…] un exposé de la foi de l’Église et de la doctrine catholique, attestées ou éclairées par l’Écriture sainte, la Tradition apostolique et le Magistère ecclésiastique […] un instrument valable et autorisé au service de la communion ecclésiale et comme une norme sûre pour l’enseignement de la foi [13].

Mais il y a plus problématique encore que cette erreur sémantique : je veux parler du renvoi aux Calendes apocalyptiques [14] que constitue, à mon sens, le recours à des expressions scripturaires obscures ou mystérieuses (ou les deux à la fois) permettant au bibliste théologien d’esquiver la difficulté, et aux clercs et aux fidèles qui se fient à lui, de s’abstenir d’exercer leur discernement intellectuel et spirituel propre dans l’esprit de l’expression forgée par saint Anselme de Cantorbery, « fides quaerens intellectum », qu’un ouvrage savant applique à l’effort systématique de la théologie, dont le but est de « rendre raison de la foi chrétienne [15] ».

Conscient du risque d’erreur inhérent à toute tentative, même sincère, de sonder les intentions d’un auteur sur la seule base de certains de ses écrits ou déclarations, je me résous pourtant à le faire concernant Joseph Ratzinger, qui, outre qu’il fut pape, a, en sa qualité de théologien de référence et avec l’autorité de ses hautes fonctions ecclésiastiques, imprimé à la réflexion théologique sur la vocation respective du peuple juif et de l’Église, une direction dont on ne peut dire en toute sécurité qu’elle corresponde au dessein de Salut de Dieu sur l’une et l’autre communautés de foi. Il convient, en effet, de prendre garde à ce que dit S. Paul à leur sujet, dans son Épitre aux Éphésiens :

Ep 2, 14-18 : « Car c’est lui qui est notre paix, lui qui des deux a fait un, détruisant la barrière qui les séparait, supprimant en sa chair la haine, cette Loi des préceptes avec ses ordonnances, pour créer en sa personne les deux en un seul Homme Nouveau, faire la paix, et les réconcilier avec Dieu, tous deux en un seul Corps, par la Croix: en sa personne il a mis à mort la Haine. Alors il est venu proclamer la paix, paix pour vous qui étiez loin et paix pour ceux qui étaient proches: par lui nous avons en effet, l’un et l’autre, en un seul Esprit, accès au Père. »

Il va de soi que le théologien Joseph Ratzinger connaît bien ce texte. Pourtant, il suffit de lire ne serait-ce qu’une partie de ce qu’il a écrit et prescrit concernant la conversion, inéluctable selon lui, des Juifs à la foi au Christ, pour comprendre que, comme la majorité des Pasteurs et des théologiens catholiques qui partagent cette vision des choses, il considère que les mots, terribles en apparence, de l’épître susdite, qui assimilent la « loi des préceptes » – pourtant sainte et imposée par Dieu lui-même à son peuple par la médiation de Moïse – à une « barrière de séparation » et à une « haine », que seule la mort du Christ a « mise à mort », ces mots donc témoignent, par leur brutalité même, de l’inefficacité de cette Loi comme instrument de salut, non seulement pour les païens (les nations), mais également pour les Juifs. Il est clair qu’une réflexion théologique fondée sur de telles prémisses contribue à empêcher les chrétiens d’entrer dans le mystère de la persévérance juive multimillénaire dans la foi et les pratiques mosaïques, avec pour corollaire inévitable le rejet catégorique de la prédication chrétienne d’un Messie, issu de Dieu lui-même et acceptant la mort pour priver la Loi de sa force.

Il est à noter également que le même texte – dont j’ai mis en italiques les durs propos –, énonce, dans un même souffle, comme un fait acquis et sans condition, que ce Messie « est venu proclamer la paix », et que, « par lui, nous avons l’un et l’autre, en un seul Esprit, accès au Père ». Ce qui n’impressionne pas certains théologiens qui déduisent de ce texte même la certitude que pour bénéficier de cette Paix et accéder à la communion avec l’Église et ses fidèles, les Juifs ne doivent plus continuer à observer les préceptes rabbiniques, mais croire au Christ Jésus comme unique voie de Salut et confesser, explicitement et du fond du cœur, sa divinité et sa mission de Rédempteur. Toutes choses qui, pour un Juif fidèle, équivalent à une apostasie.

La majorité des théologiens en ont conclu qu’il y avait là une impossibilité inhérente à la nature des choses, si l’on peut dire, et ils ont reporté la solution de cette aporie théologique à un futur lointain et brumeux. Ce faisant, ils font fi de l’affirmation du Christ – « Pour les hommes c’est impossible, mais pour Dieu tout est possible » (Mt 19, 26 et parallèles). Pire : ils « ferment aux hommes l’accès au Royaume des Cieux, et n’y étant pas entrés eux-mêmes, ils font obstacle à ceux qui entrent » (Mt 23, 13). Quant au clergé, qui, sauf rares exceptions, ne croit pas à la pérennité de la vocation juive, il va de soi qu’il n’invitera pas les fidèles à entrer humblement dans la méditation du mystère de l’accomplissement plénier du dessein de Dieu sur les « deux familles qu’a élues le Seigneur » (cf. Jr 33, 24) et qui constituent « l’Israël de Dieu » (cf. Ga 6, 16).

Pourtant, ce que la théologie a lié, la théologie peut le délier. Et si elle ne le fait pas, les évêques – qui ont reçu par l’imposition des mains le pouvoir que le Seigneur a conféré aux Apôtres, leurs prédécesseurs, de lier et de délier (cf. Mt 18, 18 et parall.) – ont toute autorité pour l’accomplir. Un synode, voire un concile, pourraient prendre acte de ce qui est évident pour un petit nombre de fidèles qui ont entrevu ce mystère et s’efforcent d’y entrer davantage. Ils croient, en effet, que Dieu « a vu la misère de son peuple » (cf. Ex 3, 7), dont des millions de vies ont été anéanties par la Shoah, et que, « ému d’une immense pitié », il a commencé à « rassembler » (cf. Is 54, 7) ses survivants « dans leurs frontières » (cf. Jr 31, 17), et à les rétablir « sous nos yeux », comme l’annonce le prophète Sophonie, en ces termes :

« En ce temps-là, je vous guiderai, au temps où je vous rassemblerai ; alors je vous donnerai louange et renommée parmi tous les peuples de la terre, quand j’accomplirai votre restauration sous vos yeux, dit L’Éternel » (So 3, 20).

Les Pasteurs et les fidèles chrétiens doivent cesser d’attendre la conversion du peuple juif sous la forme d’une « reddition confessionnelle » sans condition, assortie d’une perte de ce qui fait sa spécificité voulue par Dieu. L’Écriture, elle, ne prescrit ni n’annonce rien de tel. Il faut souhaiter que les chrétiens s’attellent à découvrir les trésors spirituels de la foi et de la tradition juives, trop longtemps méprisées ou négligées par leurs théologiens et leur clergé, et se préparent, aux côtés du peuple juif et à son écoute – car il médite ces choses depuis de longs siècles – à la venue des temps messianiques, dont la promesse fait partie du patrimoine commun au « peuple de Dieu de l’Ancienne l’Alliance jamais révoquée par Dieu » [16], et au « peuple que Dieu s’est acquis pour la louange de sa gloire » (cf. Ep 1, 12) par le sacrifice de son Fils, « né sujet de la Loi » (cf. Ga 4, 4) et « devenu ministre des circoncis en raison de la véracité de Dieu, pour accomplir les promesses faites aux Pères » (cf. Rm 15, 8).

Ainsi, le grain semé par l’association des « Amis d’Israël », enseveli en terre et resté si longtemps improductif en apparence, ne sera pas mort en vain. Il portera, au temps que Dieu connaît de toute éternité, les fruits de cet apostolat dont les Amici eux-mêmes ne soupçonnaient pas la fécondité future. Comme le dit l’Évangile de Jean (4, 37):

« ici se vérifie le dicton: autre est le semeur, autre le moissonneur. » 


  1. Lettre apostolique en forme de Motu proprio du souverain pontife Benoît XVI Summorum Pontificum, du 7 juillet 2007, en ligne sur le site du Vatican (http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/motu_proprio/documents/hf_ben-xvi_motu-proprio_20070707_summorum-pontificum_fr.html).
  2. « Israël, l’Église et le monde : leurs relations et leur mission, selon le Catéchisme de l’Église Catholique ». Conférence du cardinal Ratzinger, reproduite dans La Documentation catholique, n° 2091, du 3 avril 1994, p. 324. Texte reproduit, avec mes commentaires, dans mon livre Chrétiens et juifs depuis Vatican II. État des lieux historique et théologique. Prospective eschatologique, éditions Docteur angélique, Avignon, 2009, p. 142 et ss. J’ai mis en italiques les passages qui me paraissent les plus significatifs.
  3. Ibid., p. 329.
  4. Passage cité d’après M. Macina, Chrétiens et juifs depuis Vatican II, op. cit., p. 143.
  5. Cf. Menahem Macina, « Les catholiques prieront-ils à nouveau (en latin), pour la conversion des Juifs ? », texte mis en ligne, le 30 mars 2013, sur mon site debriefing.org (http://www.debriefing.org/31425.html). Vue critique juive, par le rabbin Rivon Krygier, « Un nouveau "Non possumus" du pape Benoît XVI ? », en ligne sur le site Masorti (http://www.massorti.com/Un-nouveau-Non-possumus-du-pape).
  6. Forme extraordinaire de la liturgie tridentine, dorénavant permise concurremment avec celle, dite du Missel de Paul VI (1970) : « Prions pour les Juifs à qui Dieu a parlé en premier : qu'ils progressent dans l'amour de son Nom et la fidélité de son Alliance. Dieu éternel et Tout-Puissant, toi qui as choisi Abraham et sa descendance pour en faire les fils de ta promesse, conduis à la plénitude de la rédemption le premier peuple de l'Alliance, comme ton Église t'en supplie. Par Jésus, le Christ, Notre Seigneur. Amen. » Notons qu’on a coutume de parler à propos de ces modifications de « liturgie rénovée ». Il pourra être utile de consulter le site Cérémoniaire.net (http://www.ceremoniaire.net/depuis1969/).
  7. Oremus et pro Iudaeis: ut Deus et Dominus noster illuminet corda eorum, ut agnoscant Iesum Christum salvatorem omnium hominum. Oremus. Flectamus genua. Levate. Omnipotens sempiterne Deus, qui vis ut omnes homines salvi fiant et ad agnitionem veritatis veniant, concede propitius, ut plenitudine gentium in Ecclesiam Tuam intrante omnis Israel salvus fiat. Per Christum Dominum nostrum. Amen. On peut lire, sur le site Virgo Maria.org, un utile résumé chronologique de l’évolution des formulations de cette prière, (http://www.virgo-maria.org/articles/2008/MR_OraisonpourlaconversiondesJuifs.pdf), de 1570 à 2008.
  8. Référence en note 84, ci-dessus.
  9. La note 11 du CEC en donne la référence pour l’expression « la plénitude des païens » : « Léon le Grand, serm. 33, 3 » ; et la note 12, fait de même pour l’expression « Israelitica dignitas », en évoquant le « MR [Missale Romanum], Vigile pascale 26 : prière après la troisième lecture ». Les italiques sont de moi.
  10. Menahem Macina, « La substitution dans la patristique, la liturgie et des documents-clés de l’Église » (http://www.rivtsion.org/f/index.php?sujet_id=3935).
  11. Rappelons que l’expression « temps des nations » figure, dans un contexte eschatologique, en Ez 30, 3, sous la forme peras etnôn, littéralement : « limite des nations », alors que le texte massorétique lit ‘et goyim, « temps des nations ». Il faut souhaiter que des chercheurs spécialisés dans le vocabulaire de la Septante s’interrogent sur le sens exact de l’expression grecque, et sur son éventuelle intention exégétique.
  12. On peut s’étonner d’un tel contresens, car l’expression d’ « accomplissement », au sens de s’achever ou d’être à terme, est classique dans l’Écriture, comme en témoignent, entre autres, ces références : 2 S 7, 12 : « Et quand tes jours seront accomplis et que tu seras couché avec tes pères… » ; Is 60, 20 : « […] et les jours de ton deuil seront accomplis » ; Mc 1, 15 : Le temps est accompli et le Royaume de Dieu est tout proche… ; Jn 7, 8 : « moi, je ne monte pas à cette fête, parce que mon temps n’est pas encore accompli ».
  13. Catéchisme de l’Église catholique rédigé à la suite du Concile œcuménique du Vatican, cité ici d’après Catéchisme de l’Église catholique, édition définitive avec guide de lecture, diffusion et distribution exclusives : Éditions Racine (Bruxelles) et Fidélité (Namur), octobre 1998, p. 8.
  14. Allusion ironique – dont on voudra bien me pardonner l’utilisation dans un contexte aussi sérieux – à l’expression populaire « renvoyer aux calendes grecques ». «En effet, les Grecs n'ayant jamais eu de calendes, l'expression fait référence à une date inconnue. Les calendes grecques, tout comme la Saint Glinglin, évoquent de manière ironique une date qui semble fixée mais qui en fin de compte n'aura jamais lieu» (Wikipedia)
  15. Dictionnaire critique de la théologie chrétienne, cité par Wikipédia, article « Théologie chrétienne ».
  16. Cette formule figure dans le discours prononcé par Jean-Paul II devant les représentants de la communauté juive allemande, à Mayence, le 17 novembre 1980. Voir Menahem Macina, « Caducité ou irrévocabilité de la première Alliance dans le Nouveau Testament ? À propos de la "formule de Mayence" », Istina XLI (1996), Paris, pp. 347-400.

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