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« Prions pour les Juifs perfides », Hubert Wolf

[Extrait de Hubert Wolf, Le pape et le diable. Pie XII, le Vatican et Hitler : les révélations des archives, CNRS éditions, Paris, 2009. Chapitre 2 intitulé « Juifs perfides ? Querelle au Vatican sur l’antisémitisme (1928) ».]

« Oremus et pro perfidis Judaeis : ut Deus et Dominus noster auferat velamen de cordibus eorum ; ut ipsi agnoscant Jesum Christum Dominum nostrum. » C’est ce que disait l’exorde de la huitième intention de prière du Vendredi saint selon le Missel romain de 1570, dont l’usage était obligatoire pour tous les offices dans le monde entier. L’oraison proprement dite était précédée d’une notice attirant l’attention du célébrant : « Non respondetur Amen, sed statim dicitur : Omnipotens sempiterne Deus, qui etiam judaicam perfidiam a tua misericordia non repellis : exaudi preces nostras, quas pro illius populi obcaecatione deferimus ; ut, agnita veritatis tuae luce, quae Christus est, a suis tenebris eruantur. Per eundem Dominum nostrum. [1] » Afin que les gens ordinaires qui assistaient à la messe puissent eux aussi suivre les textes de la liturgie tridentine latine, il fut décidé, au cours du XIXe siècle, de publier dans différents pays des missels populaires bilingues. En Allemagne, le missel allemand-latin d’Anselm Schott, un bénédictin de l’abbaye de Beuron, publié pour la première fois en 1884, devint un best-seller maintes fois réédité. Pour une grande majorité de fidèles, se rendre à la messe muni du « Schott » en plus du livre de cantiques diocésain était la règle.

La traduction du texte de la prière pour les juifs disait : « Prions même pour les Juifs perfides, afin que le Seigneur notre Dieu enlève le voile qui couvre leurs cœurs, et qu’ils reconnaissent avec nous J.C.N.S. [Jésus-Christ notre Seigneur]. » L’explication se trouvait dans la traduction et le commentaire de la rubrique : « Le diacre omet ici l’invitation à la génuflexion, pour ne pas rappeler l’affront fait en cette heure au Sauveur par les Juifs qui s’agenouillèrent en se moquant de lui. *[2] » Suit alors le texte de l’oraison proprement dite : « Dieu tout puissant et éternel, qui, dans votre miséricorde, ne repoussez pas même les Juifs perfides, exaucez les prières que nous vous adressons au sujet de l’aveuglement de ce peuple ; afin que, reconnaissant la lumière de votre vérité qui est le Christ, ils soient enfin arrachés à leurs ténèbres. Par le même J.C.N.S. Ainsi soit-il [3]. »

Les grandes oraisons du Vendredi saint regroupaient, selon le missel tridentin de Pie V (1566-1672), neuf intentions de prière : Prions pour l’Église, le pape, le clergé, les chefs d’État, les catéchumènes, pour tous ceux qui sont dans la détresse, ainsi que pour les hérétiques (c’est-à-dire les protestants !), les juifs et les païens. Alors que dans toutes les autres prières y compris celle qui était dite à l’intention des non-croyants, l’oraison est introduite par la formule « Prions. Fléchissons les genoux. Levez-vous », suivie d’une prière silencieuse, cette exhortation n’apparaît pas dans la prière pour les Juifs, pour la raison citée dans la notice explicative. Outre l’omission de la génuflexion, on est frappé par les formules « pro perfidis Judaeis » et « judaicam perfidiam » (perfidie juive *[4]). Il n’y a donc rien d’étonnant à ce qu’un groupe de prêtres qui s’était donné pour mission la réconciliation entre judaïsme et catholicisme ait réagi avec une sensibilité particulière à ces composantes de la liturgie du Vendredi saint au moment même où l’antisémitisme racial connaissait une montée radicale en Europe. Selon les Amis d’Israël, la mention des « Juifs perfides » risquait d’être récupérée par les idéologues du racisme et d’être exploitée dans le sens d’un antisémitisme liturgique.

C’est pourquoi, au début de janvier 1928, ils s’adressèrent à Pie XI, pour lui demander, sous la forme d’une lettre rédigée en latin, une réforme de la prière du Vendredi saint pour les juifs. Ce texte était signé au nom du Comité central de l’œuvre sacerdotale des Amis d’Israël. Celle-ci avait été fondée le 24 février 1926, soit deux années seulement avant la proposition de réforme. Cette association était présidée par l’abbé général de la congrégation bénédictine du Mont-Cassin, Benoît Gariador (1859-1936). Un autre prêtre régulier, Anton van Asseldonk (1892-1973), chanoine de Sainte-Croix, en était secrétaire général.

Alors que seuls des membres du clergé pouvaient adhérer aux Amici Israel, l’initiative de fonder cette association n’était curieusement pas venue d’un prêtre. L’idée émanait de Sophie Franziska van Leer (1892-1953), juive convertie au catholicisme. Outre le cardinal munichois Michael von Faulhaber, le père franciscain Laetus Himmelreich (1886-1957) avait joué un rôle important dans sa conversion. Himmelreich avait aussi mis en relation van Leer et van Asseldonk, lequel devait bientôt devenir l’un des inspirateurs des Amis d’Israël.

En 1928, l’association regroupait déjà dix-neuf cardinaux, deux cent quatre-vingt sept évêques et archevêques, et environ trois mille prêtres du monde entier. On comptait parmi eux des personnalités aussi célèbres que les cardinaux de la Curie Pietro Gasparri, cardinal secrétaire d’État de Pie XI, Rafael Merry del Val, secrétaire et donc chef du Saint-Office, et Willem van Rossum (1854-1932), préfet de la si importante congrégation de la Propagande. Deux grands cardinaux germanophones en faisaient également partie : Andreas Frühwirth, maître général de l’ordre dominicain et ancien nonce de Munich, et Michael von Faulhaber, archevêque de Munich et Freysing. Faulhaber était en outre devenu le confesseur et le directeur de conscience de Franziska van Leer. Le cardinal avait d’ailleurs confié à cette dernière la mission canonique d’assurer à Munich des cours bibliques pour d’autres juifs convertis au catholicisme [5]. Dès lors, cette convertie s’employa activement à promouvoir les Amis d’Israël.

L’on ignore si, au moment de leur adhésion en 1926-1927, tous les membres des Amis d’Israël avaient pleinement conscience de l’ensemble du programme théologique et politico-ecclésiastique de l’association, lequel comportait des éléments véritablement explosifs. Les cardinaux de la Curie notamment semblent avoir, au moins au début, considéré les Amis d’Israël comme une simple communauté de prière aux fins de convertir autant de juifs que possible à la « véritable » foi catholique. On pouvait en effet interpréter en ce sens le premier courrier de présentation de l’association, daté de 1926. Il y était question d’une « conversion plus rapide et plus miséricordieuse des juifs » et de l’ « organisation de prières constantes » à cette fin. Le thème principal de ce courrier était le « retour plus rapide » d’Israël à la véritable Église [6]. C’est seulement dans l’opuscule Pax super Israel, dont la parution est datée de manière erronée de 1925, alors que cette brochure fut en réalité publiée seulement au début de l’année 1928 avec l’imprimatur du vice-gérant de Rome Giuseppe Palica (1869-1936) – donc avec l’autorisation officielle de l’Église – que les maîtres d’œuvre des Amis d’Israël présentèrent dans son intégralité leur véritable programme politico-ecclésiastique et théologique [7]. Selon ce document, l’association n’avait pas pour objet d’être prioritairement une communauté de prière pour la conversion des juifs. Elle visait plutôt, de manière fondamentale, à une réconciliation entre juifs et catholiques aux fins d’une véritable « paix avec Israël », comme l’indique déjà le titre de cet écrit programmatique. Les membres de cette association sacerdotale devaient se tourner avec un amour particulier vers le peuple d’Israël, premier peuple élu de Dieu. Partant d’une théologie du sacrement de l’ordre, selon laquelle le prêtre agit en la personne du Christ, les Amici postulaient, du fait de l’origine et de l’identité juives du Messie, une proximité particulière de tout ecclésiastique avec les juifs. Car : « Christus est primogenitus et veritas et caput Israel » (Le Christ est le premier-né, la vérité et la tête d’Israël). Outre la prière pour Israël et pour sa conversion, la prédication religieuse devait surtout susciter la compréhension pour le peuple juif et sa religion, son histoire avec Dieu et le témoignage de sa foi.

Mais c’est surtout l’attitude concrète des Amis d’Israël, en particulier l’abandon des composantes de la liturgie catholique à tonalité judéophobe, qui devait faciliter la conversion des juifs au catholicisme. Les membres de l’association devaient s’engager à éviter, à l’office comme dans la vie quotidienne, toute formule et tout comportement antisémite. Les catholiques devaient donc cesser par principe de parler des « Juifs comme peuple déicide », de Jérusalem comme ville des déicides », ou du « caractère fondamentalement inconvertissable et réfractaire à l’enseignement, des Juifs ». Il convenait aussi de récuser catégoriquement les « choses incroyables que l’on raconte à propos des juifs, en particulier le prétendu meurtre rituel », une légende laquelle on reprochait aux juifs d’enlever et d’assassiner des enfants chrétiens dans le cadre de leur culte. Les Amis d’Israël proposaient même d’abandonner de manière générale la notion de « conversion » s’agissant des juifs, ce terme ayant quelque chose d’ « odioso », autrement dit de déplaisant, pour les personnes juives. La formule « passage du Royaume du Père au Royaume du Fils » paraissait plus adaptée. Dans la mesure où les juifs partageaient avec les chrétiens la foi dans le Dieu de l’Ancien Testament, que Jésus-Christ avait révélé comme son Père, la conversion, au sens de passage d’une communauté religieuse à une tout autre, était jugée superflue dans le cas des juifs. Il y avait plutôt réorientation ou déplacement d’accent à l’intérieur de cette foi commune qui existait déjà. Au-delà même de la liturgie et de la théologie, un « Amicus Israel » se devait d’éviter toute généralisation et tout jugement à l’emporte-pièce à l’encontre des juifs, comme on les trouvait par exemple dans la formule : « L’argent est leur seul Dieu ». Il fallait au contraire témoigner un respect explicite pour les modes de vie, cérémonies et usages religieux juifs. Suivait une liste de prières et d’actions culminant dans cette exhortation : « Toute sorte d’antisémitisme doit être évitée ; il faut au contraire lutter résolument contre celui-ci et l’arracher avec ses racines. »

Dans leur texte programmatique encore, les Amici Israel voyaient dans la liturgie catholique l’aboutissement du culte mosaïque. L’une de leurs missions spécifiques devait donc consister à étudier l’Ancien Testament de manière approfondie et à méditer sur ce texte, qui faisait partie intégrante de l’Écriture sainte. Les Amis se tournaient ainsi résolument contre les tendances antisémites qui, s’appuyant sur des thèmes judéophobes présents dans le christianisme, souhaitaient éliminer de la religion chrétienne toute composante juive, y compris, donc, l’Ancien Testament. Il était en outre suggéré aux membres de la communauté de prière de se plonger, lors de la célébration de la Sainte messe, dans l’état d’âme de leurs contemporains juifs. Dans leurs sermons, souvent truffés d’invectives antijuives, bon nombre de prêtres montraient qu’ils n’avaient aucune notion ni du judaïsme, en général, ni de la religion et de la culture juives, en particulier. Les plaintes de nombreux juifs, qui faisaient état de persécutions de la part des chrétiens, étaient clairement reconnues comme justifiées dans Pax super Israel : le texte indiquait que non seulement les juifs étaient condamnés comme Jésus autrefois à porter sa croix, mais qu’ils devaient aussi porter chaque jour de lourdes croix – et ce depuis dix-neuf siècles.

En Allemagne, l’évêque de Danzig, le comte Eduard O’Rourke (1876-1943), celui d’Eichstätt, Johannes Leo von Mergel (1847-1932), celui d’Osnabrück, Hermann Wilhelm Berning (1877-1955), étaient membres de cette association. Il fallait ajouter à cette liste Mgr Karl Joseph Schulte (1871-1941), cardinal et archevêque de Cologne. Mais c’est à Munich que les Amici trouvèrent un soutien particulier, en la personne du cardinal Faulhaber, qui établit un lien institutionnel avec l’association missionnaire locale Ludwig-Missionsverein [8]. Ancien professeur d’exégèse de l’Ancien Testament à la faculté de théologie catholique de l’université d’État de Strasbourg, Faulhaber défendait résolument le judaïsme biblique, sans toutefois échapper complètement aux stéréotypes antisémites qui mettaient les juifs dans le même sac que les francs-maçons et les socialistes. Il promit cependant au secrétaire général des Amici, Anton van Asseldonk, de faire immédiatement la promotion de l’association : non seulement il allait distribuer plus de cent tracts, mais il laissa aussi entrevoir la possibilité d’accorder à l’avenir une plus large place à l’Ancien Testament dans la formation à l’homélie qu’il dispensait au clergé munichois, et de mettre en garde les prêtres de son diocèse contre les formules irréfléchies qui, dans leur prédication, pourraient être comprises comme antisémites [9].

Le cardinal tint immédiatement promesse, dans le cadre de son cours de prédication munichois d’octobre 1927, Homiletischer Kurs, qui fit l’objet d’une publication. Les Amis d’Israël se chargèrent de résumer ses thèses en latin, ce qui leur assura une large diffusion [10]. Les prédicateurs devaient – indiquait, entre autres choses, ce cours – éviter tout ce qui « d’une manière ou d’une autre, a une résonance antisémite ». Faulhaber constatait en outre que la Synagogue et l’Église étaient liées car, sans le judaïsme, il ne pouvait, tant sur le plan historique qu’objectif, y avoir de catholicisme. Selon lui, les prophètes d’Israël s’étaient certes violemment emportés contre leur peuple pour son idolâtrie, son comportement sacrilège envers Dieu et envers les hommes, sa pratique de l’usure, son culte corrompu et, enfin, les manquements de ses prêtres. Mais leurs propos ne visaient, de manière explicite et exclusive, que le peuple juif de l’époque. Pour Faulhaber, il était irrecevable de transformer des prophéties menaçantes, liées à une situation concrète et destinées à inciter le peuple à la conversion, en déclarations intemporelles sur l’essence des juifs.

L’exégète de l’Ancien Testament intervenait ici pour mettre en garde les prédicateurs : la transposition pure et simple des paroles des prophètes, liées à un moment historique, risquait de ne provoquer dans l’assemblée d’autre attitude que le « pharisaïsme ». L’Église avait tiré de l’ancienne Alliance de Dieu avec Israël des éléments essentiels de sa propre substance, notamment les dix commandements, le psautier et les prophéties messianiques, de sorte que « nous chrétiens lui devons reconnaissance pour cela ». Faulhaber jugeait vraiment trop facile de dire au cours d’un sermon « que les juifs ont crucifié le Seigneur ». Nul ne devait cependant oublier que le Christ, l’Agneau de Dieu, portait non seulement les péchés du monde entier, mais aussi ceux de son propre peuple. Faisant allusion à l’Épître aux Romains de saint Paul, Faulhaber constatait un fait révélé : Israël est sauvé et parvient au Salut. Ce n’était pas sans raison que Jésus, sur la croix, à l’heure de la Réduction du monde, s’était déclaré roi des Juifs. En conclusion de son cours, le cardinal soutenait explicitement le programme des Amis d’Israël : par conséquent, « préparons cette heure de grâce par la prière ; pour cette raison, veillons à diffuser largement les écrits d’Amici Israel ».

C’est dans le cadre de ces diverses recommandations des Amis d’Israël en vue d’une réconciliation entre catholicisme et judaïsme que s’inscrit le courrier présenté au pape le 2 janvier 1928 par l’Abbé Gariador. Il y était demandé de supprimer de la prière du Vendredi saint pour les juifs les mots « perfidis » et « perfidiam » car ils renfermaient quelque chose d’« odieux », qui ne correspondait pas à l’intention de prière originelle de l’Église. Il fallait en outre ajouter dans la prière pour les juifs, comme dans les huit autres prières, la formule « Prions. Fléchissons les genoux. Levez-vous », supprimée au XVIe siècle seulement, « pour des raisons antisémites [11]». La demande était accompagnée d’un formulaire de prière qui omettait ces formules choquantes [12].


  1. Missale Romanum ex decreto sacrosancti Concilii Tridentini restitutum. Editio secunda juxta editionem typicam, Ratisbonne, 1887, p. 152.
  2. * Cette explication ne figure pas dans le missel latin-français cité en référence. L’oraison y est simplement introduite par la formule : « On ne répond pas Amen, mais le célébrant dit de suite : ». Les traductions allemande et française de l’oraison sont en revanche rigoureusement équivalentes, NdT.
  3. Pins Bihlmeyer (ed), Das Messbuch der heiligen Kirche lateinisch und deutsch mit liturgischen Erklärungen, Fribourg-en-Brisgau, 1923, p. 341.
  4. * Le missel latin-français cité en référence ne traduit pas « Judaicam perfidiam » par « perfidie juive », mais, de nouveau, par « les Juifs perfides ». NdT.
  5. Faulhaber à van Leer le 30 janvier 1930 et 21 avril 1930, Archives de l’évêché de Munich (abrégé en EAM, Succession (abrégé en NL) Faulhaber 6482.
  6. Courrier de présentation de « Pax super Israel » [1926], 3 pages ; EAM NL FAULHABER 6284.
  7. Pax super Israel, Rome, 128 ; Archivio della Congregazione per la Dottrina della Fede, Vatikanstadt (abrégé en ACDF), Sanctum Officium (abrégé en SO) Rerum Variarum (abrégé en RV) 1928 n° 2 fac. 1, n° 16/2. Voir aussi le résumé de cet écrit, préparé par un collaborateur du Saint-Office pour les débats de la congrégation ; ACDF, SO RV 1928 n° 2, fasc. 2, n° 17.
  8. Voir aussi à ce sujet EAM, NL Faulhaber 4500 et 4501. Le lien avec cette association est cité dans les Status Operis » ; ACDF, SO RV 1928 n° 2 fasc. 1, n° 22.
  9. Faulhaber à Asseldonk le 20 avril 1927 ; EAM, NL Faulhaber 6284.
  10. Résumé en latin du cours d’homélie de Faulhaber, sans date. [1927-1928] ; ACDF, SO RV 1928 n° 2, fasc. 1, n° 23. Un exemplaire enregistré par le Saint-Office le 13 mars 1928 se trouve dans les Actes. Même référence pour la suite du développement.
  11. Gariador et Asseldonk à Pie XI le 2 janvier 1928 ; ACDF, SO RV 1928 n° 2 fasc. 1, n° 2.
  12. Formulaire de prière ; ACDF, SO RV 1928, n° 2, fac. 1 n° 4.

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« Prions pour les Juifs perfides », Hubert Wolf Copyright © 2014 by Menahem Macina. All Rights Reserved.

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