L’affaire des « Amici »: une mise en garde adressée à la théologie d’aujourd’hui

Il n’aura échappé à personne, je pense, quel rôle écrasant a joué, dans l’affaire des « Amis d’Israël », ce qu’on appelle aujourd’hui, la théorie – ou la théologie – de la substitution (ou du « remplacement »). Selon la conception chrétienne traditionnelle, suite à l’incroyance des Juifs en la Nouvelle Alliance dans le Christ Jésus et à leur refus tenace de se fondre dans le « nouveau peuple de Dieu » qu’affirme être l’Église [1], censée avoir hérité des prérogatives de l’ »ancien Israël » et des promesses messianiques le concernant, il ne resterait plus au peuple juif dispersé dans toutes les nations de la terre et sans plus de lien avec la patrie qui fut la sienne, qu’à mener une existence errante et toujours menacée de déchu de la grâce, méprisé de tous. Fort heureusement, la situation a complètement changé à l’époque moderne : non seulement les Juifs ont été émancipés par les Lumières et la Révolution française et ont accédé, non sans aléas ni persécutions toutefois, à la plénitude des droits civiques et à un statut social en tous points identique à celui des non-Juifs, mais ils disposent désormais, au moins potentiellement, d’un État sur le sol même de leur antique patrie. Ce n’est pas le lieu ici de retracer les vicissitudes qui ont jalonné cette véritable épopée, sans parler de l’épisode atroce de l’histoire de ce peuple qu’a constitué la Shoah dans laquelle périrent des millions de ses membres. C’est volontairement que je me suis limité dans cette étude à la période actuelle, mon but étant d’illustrer, à la lumière de l’affaire des Amici Israel, la persistance du contentieux théologique qui oppose toujours, après quelque vingt siècles de christianisme, la foi et les traditions de la petite nation juive à celles des myriades de fidèles chrétiens citoyens de toutes les nations qui sont sous le ciel. Force est de constater que si l’expression de ce contentieux s’est améliorée depuis la révolution copernicienne qu’a représenté l’adoption, par le Concile Vatican II, d’une Déclaration catholique sur les religions non chrétiennes, intitulée Nostra Aetate [2] – dont le chapitre 4, consacré à la religion juive, est totalement en rupture avec les poncifs religieux négatifs des documents ecclésiaux antérieurs, et a été à l’origine de décennies d’un dialogue exigeant mais respectueux entre les deux confessions de foi – le fond de la controverse, lui, n’a rigoureusement pas changé.

 

Retour du liturgique comme ‘lieu’ théologique de l’expression de la Foi

Comme le dit pertinemment le livre de l’Ecclésiaste, « il n’y a rien de nouveau sous le soleil » (Qo 1, 9). Il est frappant, en effet, de découvrir que confronté il y a quelques années à un problème similaire à celui qui agitait les hautes sphères de l’Église entre 1926 et 1928, le Magistère catholique a, une fois de plus, recouru à la liturgie pour indiquer le cap théologique que l’Église entend suivre dans ses rapports avec le peuple juif. Je profite donc de l’occasion que me fournit la fin du chapitre du prof. Wolf, reproduit ci-dessus dans son intégralité, pour mettre au jour le fil rouge d’une conception substitutionniste dont on peut suivre le cheminement depuis le Ve siècle jusqu’à nos jours, grâce à la formulation qui figure dans la forme extraordinaire de la prière de l’office du Vendredi saint pour les Juifs, en ces termes : « accorde dans ta bonté que la plénitude des nations étant entrée dans ton Église, tout Israël soit sauvé » [3].

Ce n’est pas faire un procès d’intention aux évêques français qui publiaient, en 1997, un document visant à aider les fidèles à lire l’Ancien Testament dans un esprit de dialogue avec les juifs [4], que de regretter qu’ils aient repris à leur compte une expression à forte connotation substitutionniste, due au pape saint Léon le Grand (390-440) [5], et citée par le Catéchisme de l’Église Catholique (CEC) en ces termes [6] :

« […] L’Épiphanie manifeste que “ la plénitude des païens entre dans la famille des patriarches ” et acquiert la israelitica dignitas. »

Le pape Benoît XVI y faisait également allusion dans son adresse de l’Angelus du dimanche 6 janvier 2013, place Saint-Pierre, en ces termes [7]:

« Saint Léon le Grand affirme : « Autrefois, une descendance innombrable qui aurait été engendrée non selon la chair mais selon la fécondité de la foi a été promise à Abraham » (Discours 3 pour l’Épiphanie, 1 : PL 54, 240). […] Saint Léon dit encore : « Qu’elle entre, qu’elle entre donc dans la famille des patriarches la grande foule des nations […]. Que tous les peuples […] adorent le Créateur de l’univers, et que Dieu soit connu non seulement en Judée, mais par toute la terre » (ibid.). »

Quelle qu’ait pu être la motivation de ses auteurs, le ton catégorique de leur assertion oblige à se demander s’il s’agit là d’une interprétation des compilateurs du CEC. En mettant entre guillemets l’exclamation de S. Léon (Ve siècle), « intret in patriarcharum familiam » (qu’elle entre [la plénitude des nations] dans la famille des patriarches) – qui est une citation d’une lettre de ce pape [8] -, et en la faisant suivre de la formule latine israelitica dignitas, forgée par des liturgistes de jadis – qui laisse entendre que la dignité israélite échoit au peuple chrétien [9], cet ouvrage confère à une conception ecclésiologique substitutionniste une prestigieuse référence d’autorité et une patine de tradition vénérable [10].

C’est sur ce terreau qu’avait fleuri, jadis, le texte de l’oraison du Samedi saint, qui suit le récit du passage de la mer Rouge, lors de la Vigile pascale, et dont voici une traduction française :

« Dieu – dont nous percevons les merveilles jusqu’en notre temps -, tandis que, par l’eau de régénération, tu opères, pour le salut des nations, ce que la puissance de ta droite a conféré à un seul peuple en le libérant de la persécution d’Égypte, fais que la totalité du monde accède [à la condition de] fils d’Abraham et à la dignité israélite [11]. »

Qu’on n’aille pas croire pour autant que l’expression « dignité israélite » soit une pure invention des liturgistes. Elle figure, en effet, sous une forme légèrement différente, mais de sens identique – « dignité de la race élue » (electi generis dignitatem) -, dans le texte suivant – “substitutionniste” s’il en fût – dû au même pape Léon 1er [12] :

Voici qu’« aîné », tu « sers le cadet » [13], et, tandis que « des étrangers » entrent dans ta « part d’héritage » [14], tu lis, comme un serviteur, son testament [l’Écriture], dont tu ne connais que « la lettre » [15]. Qu’elle « entre », qu’elle « entre, la plénitude des nations » [16], dans la famille des patriarches [17] ; et que les « fils de la promesse » [18] reçoivent la bénédiction de la « race d’Abraham » [19] que rejettent les « fils de la chair » [20]. Que par le truchement des trois mages, tous les peuples adorent le Créateur de l’univers [21], et que « Dieu » ne soit plus seulement « connu en Judée », mais dans le monde entier, afin que, partout, « son nom soit grand en Israël » [22]. Puisque cette dignité de la race élue, convaincue d’infidélité dans sa postérité, a dégénéré, la foi en fait le bien commun de tous [23].

Ce texte est une savante broderie de citations bibliques, isolées de leur contexte, dont le but évident est de démontrer que l’Esprit saint, qui s’exprime par la bouche des prophètes, atteste que le Seigneur a dépouillé Israël de tous ses privilèges pour en enrichir les chrétiens. Outre le fait que ce passage pourvoit ses conceptions substitutionnistes et triomphalistes du renfort impressionnant de huit réminiscences scripturaires en dix lignes de texte, il est possible que les liturgistes ultérieurs aient forgé l’expression « israelitica dignitas » (dignité israélite), en ayant à l’esprit celle d’« electi generis dignita[s] » (dignité de la race élue), utilisée par S. Léon. Nourris de Lectio divina (lecture spirituelle de l’Écriture) et des œuvres des Pères de l’Église, ils traduisaient, par leurs formulations liturgiques, la frustration, voire le ressentiment de l’ensemble de la chrétienté, face au refus ‘obstiné’ des juifs de croire en la messianité de Jésus, pour ne rien dire de leur rejet horrifié de la confession de sa divinité, attitudes longtemps perçues en chrétienté comme incompréhensibles et même révoltantes.

La semaine sainte était le ‘lieu’ liturgique par excellence où cette frustration chrétienne, mitigée d’une espérance de la conversion d’Israël, se donnait libre cours. Les nombreuses invectives, menaces et condamnations, ainsi que les appels à la repentance, adressés aux juifs d’antan par les prophètes, constituaient un vivier apologétique inépuisable pour les liturgistes, qui y lisaient une confirmation divine de la certitude chrétienne que ces oracles visaient autant, sinon plus, les juifs de leur époque que ceux du passé [24].

En vertu même de l’adage traditionnel : lex orandi lex credendi, cette répétition multiséculaire incessante de stances liturgiques, dont certaines contenaient de graves accusations (déicide, meurtres rituels, perfidie, blasphème, etc.), ne pouvait manquer de causer les graves dommages collatéraux que furent la certitude de la déchéance juive, et son corollaire : la conviction que les chrétiens qui ont cru en Jésus ont pris la place du peuple juif qui, lui, l’a rejeté. On ne saurait sous-estimer le rôle qu’a joué la lettre de S. Léon le Grand dans l’élaboration de ces textes et dans le développement de la « théorie de la substitution », selon laquelle sont passées à l’Église l’élection juive, les prophéties vétérotestamentaires et les bénédictions divines qui étaient l’apanage du peuple juif, même si l’impact des écrits polémiques d’Augustin (mort une trentaine d’années avant la naissance de S. Léon), surtout son Adversus Judeaos, fut sans doute beaucoup plus considérable [25].

En reprenant à son compte et l’exclamation du pape S. Léon sur l’« entrée de la totalité des nations dans la famille des patriarches », et celle de l’oraison pascale du Missel Romain demandant à Dieu qu’elles « acquièr[ent] la Israelitica dignitas », et en présentant l’une et l’autre comme un fait accompli, le Catéchisme de l’Église catholique témoigne involontairement de la pérennité de la conception substitutionniste qui est, si l’on peut dire, congénitale en christianisme.

On peut en lire des signes avant-coureurs chez certains Pères post-apostoliques ; elle chemine, discrètement mais tenacement, durant les trois premiers siècles, et trouve, au IVe siècle, son théoricien le plus redoutable en la personne impressionnante de S. Augustin (354-413), dont les écrits sont comme hantés par le besoin incoercible de poser la foi chrétienne en accomplissement indiscutable et irrévocable de la foi juive, reléguée dès lors au rang d’ombre, vouée à disparaître devant l’éblouissante lumière de la révélation chrétienne. Témoin ce discours triomphaliste cruel du grand Africain :

« Les Juifs ont fait souffrir le Christ : ils se sont laissé dominer par l’orgueil contre lui. En quel endroit ? Dans la ville de Jérusalem. Ils y étaient les maîtres: voilà pourquoi ils s’y montraient si orgueilleux: voilà pourquoi ils y levaient si hautement la tête. Après la passion du Sauveur, ils en ont été arrachés, et ils ont perdu le royaume à la tête duquel ils n’ont pas voulu placer le Christ. Voyez comme ils sont tombés dans l’opprobre : les voilà dispersés au milieu de toutes les nations, incapables de se tenir n’importe où, ne tenant nulle part une place fixe. Il reste encore assez de ces malheureux Juifs pour porter en tous lieux nos livres saints, à leur propre confusion. Quand, en effet, nous voulons prouver que le Christ a été annoncé par les prophètes, nous montrons aux païens ces saintes lettres. Les adversaires de notre foi ne peuvent nous reprocher, à nous chrétiens, d’en être les auteurs et de les avoir fait parfaitement concorder avec l’Évangile, afin de faire croire que ce que nous prêchons avait été prédit d’avance : car la vérité de notre Évangile ressort avec évidence de ce fait palpable, que toutes les prophéties relatives au Christ sont entre les mains des Juifs, et qu’ils les possèdent toutes. Par-là, des ennemis nous fournissent eux-mêmes, dans ces Écritures divines, des armes pour réfuter et confondre d’autres ennemis. Quelle honte leur a donc été infligée ? C’est qu’ils sont les dépositaires des livres où le chrétien trouve le fondement le plus solide de sa foi. Ils sont nos libraires : ils ressemblent à ces serviteurs qui portent des livres derrière leurs maîtres: ceux-ci les lisent à leur profit: ceux-là les portent sans autre bénéfice que d’en être chargés. Tel est l’opprobre infligé aux Juifs : voilà comme s’accomplit en eux cette prédiction si ancienne : “Il a fait tomber dans l’opprobre ceux qui me foulaient aux pieds.” Quelle honte pour eux, mes frères, de lire ce verset, et de ressembler à des aveugles qui se trouvent en face d’un miroir ! Devant les Saintes Écritures, dont ils sont les dépositaires, les Juifs sont dans une position analogue à celle d’un aveugle devant un miroir : on l’y voit, et il ne s’y voit pas lui-même […] [26] ».

Fort heureusement, des conceptions aussi extrêmes ne survivent plus, en chrétienté, que dans des cercles et des milieux intégristes et sectaires. Mais le morceau d’anthologie liturgique contemporain évoqué plus haut devrait alerter. Il oblige en effet à constater qu’en ce début du XXIe siècle, les plus hautes autorités de l’Église butent toujours sur le problème théologique, aussi irritant qu’insoluble, que constitue la présence pérenne, aux côtés d’une chrétienté qui compterait, à en croire les statistiques, quelque deux milliards de fidèles [27], dont une moitié de catholiques, d’un petit peuple irréductible qui ne compte guère, lui, à en croire des estimations fiables, que 14 à 18 millions de membres [28]. Cette disproportion numérique ajoute à la perplexité des observateurs qui, comme moi, se demandent ce qui peut bien motiver l’hypersensibilité chrétienne à tout ce qui a trait au peuple juif, tant au plan religieux qu’au plan géopolitique. Je reviendrai sur ce phénomène auquel j’ose appliquer par analogie la formule, chère à la psychanalyse freudienne, de « retour du refoulé » en matière de croyances religieuses.


  1. Cf. les Constitutions Lumen Gentium, 9, et Ad Gentes, 5, du Concile Vatican II.
  2.  Promulguée à Rome le 28 octobre 1965. Texte en ligne sur le site du Vatican (http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_decl_19651028_nostra-aetate_fr.html).
  3. Je reprends ici l’essentiel de l’exposé que j’ai rédigé à ce propos, tel qu’il figure dans mon livre: Menahem Macina, Le signe de Saül. A propos du sévère avertissement de Paul aux chrétiens (Rm 11, 19-22), éditions Tsofim, Limoges, 2013. Chapitre 3 « L’Église toujours tentée de se substituer au peuple juif » (texte en ligne : http://www.tsofim.org/pages/articles-de-fond/le-signe-de-saul/3-l-eglise-toujours-tentee-de-se-substituer-au-peuple-juif.html).
  4. « Lire l’Ancien Testament. Contribution à une relecture catholique de l’Ancien Testament pour permettre le dialogue entre juifs et chrétiens », paru dans le Bulletin n° 9 du Secrétariat de la Conférence des Evêques de France, juin 1997. Le texte cité ici figure en note 17 du Ch. V. 2, «L’alliance avec Israël», de ce document, les italiques sont de moi. Version en ligne sur mon site (http://www.rivtsion.org/f/index.php?sujet_id=1054).
  5. Voir la page que lui consacre Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Léon_Ier_(pape).
  6. Édition définitive avec guide de Lecture (Texte typique latin, Libreria Editrice Vaticana, Citta del Vaticano, 1997). Centurion/Fleurus-Mame, Librairie editrice Vaticane, Paris 1998, § 528, p. 116. Les italiques sont de moi.
  7.  Texte en ligne sur le site du Vatican : http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/angelus/2013/documents/hf_ben-xvi_ang_20130106_epifania_fr.html).
  8. Cf. Catéchisme de l’Église Catholique, op. cit., Ibid., n. 11, qui réfère à S. Léon le Grand, Sermo 33, 3.
  9. Cf. Id., Ibid., n. 12, qui cite le Missale Romanum, Vigile pascale 26 : prière après la troisième lecture.
  10. Cf. mon article « L'attribution de l'«israelitica dignitas» aux chrétiens est-elle un concept substitutionniste ? », texte en ligne (http://www.rivtsion.org/f/index.php?sujet_id=1395).
  11. Id., Ibid., IVe prophétie. Les italiques sont de moi.
  12. Sermon 5 pour Noël, in Léon le Grand, Sermons, SC 22, 1947, p. 206.
  13. Cf. Gn 25, 23 = Rm 9, 12.
  14. Cf. Ps 79, 1 = Ac 26, 18, et Is 56, 3-8.
  15. Cf. Rm 7, 6.
  16. Cf. Rm 11, 25.
  17. Cf. Ga 3, 7.
  18. Cf. Rm 9, 8 ; Ga 4, 28 ; He 11, 17.
  19. Cf. Gn 18, 18 ; 22, 18 ; 26, 4 ; Ac 13, 26.
  20. Cf. Rm 9, 8.
  21. Cf. Rm 15, 11.
  22. Cf. Ps 76, 2.
  23. La traduction française est mienne. Les italiques sont ajoutés par mes soins.
  24. Ce jeu de massacre littéraire diffamatoire ne se limitait d’ailleurs pas à la liturgie, au contraire, il s’étalait sans vergogne dans des milliers de manuels et brochures catéchétiques et théologiques, et dans la littérature religieuse, ainsi que dans une presse catholique, dont la violence n’avait rien à envier aux pamphlets des Gougenot des Mousseaux, Drumont et autres propagateurs du mépris et de la haine des juifs. J’ai constitué une brève anthologie de cette littérature nauséabonde dans mon ouvrage Les frères retrouvés. De l’hostilité chrétienne à l’égard des juifs à la reconnaissance de la vocation d’Israël, éditions de L’Oeuvre, Paris, 2011. Egalement consultable en version électronique gratuite, sous le titre « Si les chrétiens s’enorgueillissent. À propos de la mise en garde de l’apôtre Paul (Rm 11, 20) » (https://www.smashwords.com/books/view/325555).
  25. Augustin, Contre les juifs, Chapitre IX, 13 : « Ensuite, de ce que vous n’offrez à Dieu aucun sacrifice, et de ce qu’il n’en reçoit pas de votre main, il ne suit nullement qu’on ne lui en offre aucun. Celui qui n’a besoin d’aucun de nos biens, n’a pas, à la vérité, plus besoin de nos offrandes; elles lui sont inutiles, mais elles nous procurent de grands avantages. Cependant, comme on lui fait de ces offrandes, le Seigneur ajoute ces paroles : "Parce que, depuis le lever du soleil jusqu’à son couchant, mon nom est devenu grand parmi les nations, et l’on me sacrifie en tous lieux, et l’on offre à mon nom une oblation toute pure, car mon nom est grand parmi les nations, dit le Seigneur tout-puissant". À cela, que répondrez-vous ? Ouvrez donc enfin les yeux et voyez : on offre le sacrifice des chrétiens partout, et non pas en un seul endroit, comme on vous l’avait commandé ; on l’offre, non à un Dieu quelconque, mais à Celui qui a fait cette prédiction, au Dieu d’Israël.»
  26. Cité d’après Augustin, Discours sur les Psaumes, I, du psaume 1 au psaume 80, Cerf, coll. «Sagesses chrétiennes», Paris, 2007, p. 969.
  27. « Plus de deux milliards de chrétiens dans le monde », La Croix, du 20 décembre 2011 (http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Plus-de-deux-milliards-de-chretiens-dans-le-monde-_NG_-2011-12-20-749002).
  28. Voir « Nombre de juifs par pays » (http://fr.wikipedia.org/wiki/Nombre_de_juifs_par_pays).

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